N°49 [À la une] Electric Vehicle Symposium (EVS)

Acsystème a rencontré les acteurs de l’électrification des trans­ports à l’occasion du 29e EVS à Montréal.

Saviez-vous qu’en 2012, Montréal inaugurait son « circuit élec­trique », réseau urbain de bornes de recharge ? Il compte aujourd’hui 670 bornes, à comparer aux 730 bornes de re­char­ge Autolib. Tandis que le réseau parisien propose une flotte de voitures de location, ce circuit met à disposition des bornes pour les véhicules privés.

Le Québec est la région du monde où le kilowatt-heure (d’origine hydro-électrique à 99 %) est le moins cher (0,07 $). Soucieux d’exploiter cette énergie verte et abondante, le gouvernement verse une aide de 8 000 $ pour chaque achat de ZEV (zero emission vehicle = véhicule électrique). Dans cet eldorado des constructeurs, Nissan semble le plus présent, au vu des nom­breu­ses Leaf aperçues. Malgré l’économie annuelle moyenne de 1 400 $ en consommation d’énergie, le ZEV est encore perçu comme une voiturette de golf. Au 31 mai 21016, le Québec n’en comptait que 4 561. Mais les efforts des gouvernements, fédéral et québécois, vont accélérer cette tendance à l’électrification. La loi va en effet imposer aux constructeurs de réaliser 15,5 % des ventes en ZEV en 2025. L’Elion, premier bus scolaire 100 % électrique made in Québec, en est un bon exemple. Nous avons pu en visiter l’usine de fabrication. Propulsé uniquement à l’électricité, ce bus de 14 t peut transporter 72 élèves sur 90 km sans recharge. Développé en seulement 9 mois, c’est un vé­hi­cule très léger pour sa taille, grâce à son toit en fibre de verre et ses jupes en polymère. Les subventions dont bénéficie l’ac­qué­reur (150 000 $ l’unité), en font un bus au prix marché !

Finalement, cette révolution de la mobilité ouvre un champ d’in­no­vations énorme : allègement, stockeurs d’énergie intelligents pouvant écrêter les pics de sollicitation du réseau, su­per­ca­pa­cités, aménagements urbains pour bornes de recharge, voitures élec­triques... Cela fait autant d’opportunités de marché pour les entreprises françaises désireuses de s’implanter au Canada.


Raphaël QUILLIARD, ingénieur en automatique

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vendredi 25 novembre 2016